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Jai toujours pens quun muse comme le Louvre tait forcment un haut lieu de la recherche
Intervista a Salvatore Settis
Le Grand Galerie, Le Journal du Louvre

Dans un premier temps, pouvez-vous nous rappeler votre parcours et notamment votre connaissance du monde des muses?

Salvatore Settis: Jai toujours travaill au sein duniversits et dinstituts de recherche. Jai commenc par me former la philologie classique, lhistoire antique et larchologie grecque et romaine, avant de mintresser dautres sujets de recherche, dabord lhistoire de la tradition classique, puis, de plus enplus, lhistoirede lart. Au-del de la spcialisation dans une priode particulire, je mintresse lanalyse du fonctionnement des instruments cognitifs loeuvre lorsque nous sommes confronts des contextes culturels et des artistes divers. Par exemple, quelles sont les similitudes et les divergences entre lapproche philologique et cognitive que lon adopte face un monument antique, comme la colonne Trajane, et celle que requiert lobservation dune oeuvre moins loigne dans le temps, comme La Tempte de Giorgione ou encore les vidos de Bill Viola? Je nai jamais occup de poste prenne dans un muse, mais jai pass beaucoup de temps les visiter et discuter avec celles et ceux qui y travaillent afin de comprendre leur mode de fonctionnement.certaines priodes dema carrire, jai t en contact plus troit avec le travail quotidien de grands muses. De 1994 1999, jai dirig le Getty Research Institute de Los Angeles, une entit distincte du J. Paul Getty Museummais trs proche dun point de vue la fois topographique et institutionnel. Cette expriencema t trs utile car ellema donn rflchir sur les convergences et les carts entre la recherche dans les muses et celle qui a lieu dans lesmilieux acadmiques ou dans les instituts de recherche comme celui que je dirigeais alors. Pendant des priodes plus brves mais tout aussi instructives, jai t charg de diriger des cycles de confrences, les Isaiah Berlin Lectures lAshmolean Museum dOxford en 2000, puis les Mellon Lectures la National Gallery of Art de Washington en 2001. Aucune autre exprience similaire ne sest prsente au cours des dix annes qui ont suivi, pendant lesquelles je me suis entirement consacr mes fonctions de directeur de lcole normale suprieure de Pise. Aprs avoir quitt ce poste en 2010, jai occup pendant un an la chaire du muse du Prado l aussi une exprience dimmersion dans la vie dun grand muse. Toutefois, la prsidence du conseil scientifique dumuse duLouvre, en plus dtre un grand privilge, reste pourmoi lameilleure occasion de rflchir sur ces sujets.

On oppose souvent recherche acadmique ou universitaire et rechercheou tude des oeuvres dans les muses. Quelles sont pour vous les spcificits de chacune de ces recherches et comment senrichissent-elles mutuellement?

S. S. : Cette opposition tait particulirement vivace aux tats-Unis lpoque o je travaillais au Getty. Une opinion largement partage, que je qualifierais volontiers de superstition, voulait que la recherche acadmique ait une vocation thorique, tandis que la recherche dans les muses aurait une porte minemment pratique . On sous-entendait que la thorie, plus proche de la pense philosophique, tait, dune certaine manire, plus sophistique, voire plus noble. Je nai jamais cru ces hirarchies artificielles et, si tant est quil faille en tablir une, jaurais personnellement tendance donner la primaut la recherche dans les muses, celle-ci tant davantage lie aux oeuvres, aux problmatiques quelles reclent, leur matrialit, lhistoire dont elles sont un condens. Lorsque, comme moi, on a pass sa vie de chercheur luniversit ou en institut de recherche, on peut trs bien (cest mme indispensable) adopter une dmarche comparable la mienne et se rapprocher de la recherche dans lesmuses; de lamme manire, on peut travailler dans un muse tout en portant un vif intrt aux questions thoriques. Il est tout fait possible daborder les problmes thoriques travers ltude de cas concrets et de faire parler les oeuvres galement sous langle mthodologique ou thorique. Reste toutefois une diffrence de taille: les chercheurs universitaires peuvent en gnral choisir librement leur objet dtude (mme si une autorisation est ncessaire pour observer de prs une sculpture ou une peinture et la toucher du doigt), tandis que la recherche dans les muses est souvent oriente par les impratifs de conservation, les nouvelles installations, les expositions venir ou les catalogues publier; une contrainte extrieure qui, selonmoi, constitue un terreau trs fertile pour la recherche.

Vous tes depuis 2011 le prsident du conseil scientifique dumuse du Louvre. Quelle ide aviez-vous de la recherchemene aumuse du Louvre quand vous avez t nomm?

S. S. : En tant que visiteur fidle et assidu du muse du Louvre, notamment au cours demon anne denseignement la IVe section de lcole pratique des hautes tudes (1992- 1993), jai toujours pens quun muse comme le Louvre, aux dimensions et aux ambitions exceptionnelles, tait forcment un haut lieu de la recherche, mais je ne mtais jamais pos la question cruciale qui allait ensuite, au sein du conseil scientifique, engendrer de passionnantes discussions: comment crer un fil conducteur entre les divers projets de recherche mens par de nombreux acteurs, tout en prservant, dans une certaine mesure, lindpendance et lautonomie de chacun? Pour illustrer ma pense par une mtaphore tire de lopera seria, je voyais alors la recherche mene au muse du Louvre comme une srie darias et de rcitatifs, avec quelques duos et quelques quatuors, mais sans les choeurs.

Comment voyez-vous le rle du conseil scientifique et votre rle en tant que prsident dans la stratgie de la recherche du Louvre?

S. S.: Lorsque Henri Loyrette ma propos de prsider le conseil scientifique du muse du Louvre, ce fut pour moi une heureuse surprise et un grand honneur, sentiment qui sest renouvel lorsque Jean-Luc Martinez ma confirm dans ces fonctions. Naturellement, jai voqu avec chacun deux les potentialits quoffre un conseil scientifique comme le ntre, mais aussi ses limites, et jai fait de mon mieux pour quil soit utile la vie du muse. Bien videmment, un conseil scientifique na pas vocation se substituer, ne serait-ce quen partie, au bouillonnement quotidien dune institution aussi complexe que leLouvre; il est important davoir conscience de cette limite, qui correspond une ralit. En revanche, dans les muses comme dans les instituts de recherche, un conseil scientifique compos de membres extrieurs linstitution peut, par dfinition, proposer ceux qui y travaillent tous les jours un regard extrieur sur leur mission; il sagira sans doute dun regard plus naf et moins au fait des dtails, mais aussi plus libre de faire merger des questions que la force des habitudes aurait relgues la marge. Au cours de ma carrire, jai t membre de plusieurs conseils scientifiques et, dans certains cas (au Getty Research Institute et lcole normale suprieure de Pise), jai observ leur travail en tant que directeur de ltablissement.
Avec le recul, jnoncerais cinq principes, en apparence trs simples mais difficiles appliquer pleinement dans les faits, pour quun conseil scientifique puisse tre utile : 1. veiller ce que la composition du conseil soit quilibre entre membres extrieurs linstitution et membres de droit, de faon que la diversit des rles nourrisse lchange dinformations ; 2. choisir les membres extrieurs pour leurs comptences et leur dynamisme culturel,mais aussi pour leur aptitude la discussion collgiale et leur curiosit intellectuelle ; 3. adopter un mode de discussion qui permette dvoquer tous les sujets et de poser toutes les questions, y compris celles qui peuvent paratre candides ou gnantes; 4. inscrire lordre du jour des discussions un nombre limit de sujets slectionns pour leur pertinence ; 5. crer un fil conducteur entre les diffrentes runions, dans la mesure o elles sont espaces de plusieurs mois, et maintenir ce fil conducteur en cas de renouvellement des membres du conseil. Le rle du prsident dun conseil scientifique doit se limiter garantir son bon fonctionnement, en stimulant la discussion et en faisant progressivement ressortir les points les plus susceptibles de donner lieu des dveloppements. En ce qui concerne le conseil scientifique du Louvre, il me semble que ces principes de bon fonctionnement (mais aussi de bon sens) ont t respects, en parfaite entente avec le prsident-directeur.

Depuis six ans, constatez-vous une volution dans la stratgie de la recherche aumuse du Louvre?

S. S.: Permettez-moi de reprendre lamtaphore opristique que jai utilise prcdemment pour poser la question en dautres termes: outre les arias, parfois des plus virtuoses, interprtes par chaque chercheur du muse, peut-on dire aujourdhui que le Louvre sengage vers une expression chorale de son infini potentiel ? Avant de rpondre cette question, je souhaite rappeler un point voqu plusieurs reprises dans nos discussions. Plus que tout autremuse, le Louvre, par ses dimensions, la richesse et la qualit de ses collections, sa frquentation et surtout son histoire unique, a une responsabilit particulire. Cest le musemonde par excellence : tout ce qui sy passe suscite immdiatement un cho plantaire. Il faut bien avoir lesprit que, sans forcment le vouloir, le Louvre finit toujours par avoir valeur dexemple. Il suffit de penser Alexandre Sokourov qui, dans son film Francofonia (2015), choisit le Louvre comme point de vue privilgi pour rflchir la signification de la mmoire culturelle, mlant les vnements historiques de la Seconde Guerre mondiale un futur dystopique imaginaire (lire Grande Galerie no 33). Cest pourquoi, au Louvre, toute chose y compris les activits du conseil scientifique doit tre pense dans lobjectif de servir samission historique demuse-monde (ou de muse-modle). Cest peut-tre plus facile dire pour moi qui ne fais pas partie du personnel du muse ! Cela dit, jaimerais ajouter que, ces dernires annes, la constellation des projets de recherche mens au muse du Louvre a non seulement continu de crotre, mais quelle sest aussi engage dans la voie de lexpression chorale, ce qui est souhaitable mais toujours difficile pour un muse de cette ampleur, o chaque dpartement est lui seul plus grand que bien des muses. Je voudrais galement prciser que, quand je parle de choralit, je ne me rfre pas seulement, comme on le fait souvent, aux technologies de linformation (qui en constituent une condition ncessaire mais non suffisante), mais aussi lesprit dune communication entre les dpartements eux-mmes et entre les projets de recherche qui y sont conduits.

Dans ce numro de Grande Galerie ddi la recherche, on peut dcouvrir dix projets qui ont t prsents au conseil scientifique en 2016. Quels sont les conseils et remarques que vous pouvez faire sur les sujets abords?

S. S. : La diversit des projets prslectionns me semble en soi reprsentative de la recherche mene au muse du Louvre. Sans juger de la qualit de tel ou tel projet, je voudrais souligner leurs caractristiques communes : quils soient issus dune exposition temporaire, comme les dessins dEdme Bouchardon, ou de fouilles archologiques, comme le monde colonial grec demerNoire, ces projets se donnent pour objectif ambitieux de susciter le dialogue avec ce que le monde de la recherche offre de meilleur, en apportant aux chercheurs de toutes spcialits une nouvellematire rflexion, sous forme de corpus ou de catalogues (cest le cas des antiquitsmrotiques, de lalbtre en France, des verres vnitiens, des peintures italiennes du xviiie sicle ou encore desmanuscrits deDelacroix), ou bien en mettant en lumire les problmatiques de contexte et de provenance (pour ce qui est de la cramique de Suse et du Medieval Kshi Project). Tous ces projets de recherche se caractrisent par une approche la fois exploratoire et systmatique, y compris ltude sur la valeur socio-conomique du Louvre sur son territoire, plus directement lie lactualit. Ces projets de recherche, qui offrent dj une riche palette de rflexions, sont la fois intimement ancrs dans les collections du muse et pleinement adosss la recherche scientifique actuelle. En ce sens, les discussions au sein du conseil scientifique tmoignent de la tendance actuelle, qui, selon moi, doit tre encourage, considrer tous ces sujets travers le double prisme de la qualit et de lamthodologie. En ce qui concerne la qualit, chaque projet de recherche sapprcie selon les usages de son domaine dtude; sur le planmthodologique, en revanche, ces projets peuvent constituer des sources dinspiration mutuelle. Mon souhait le plus vif est que le travail du conseil scientifique continue inciter la recherche emprunter ce chemin



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